Introduction au métier de conseiller
en développement de coopératives

Rédacteur : Alain Bridault
Octobre 1997


Sommaire

1. L'approche-conseil auprès d'une organisation coopérative
2. La première étape : comprendre la dynamique socio-économique particulière de l'organisation



L'approche-conseil
auprès d'une organisation coopérative

Introduction : adapter son intervention à la différence coopérative

On n'exerce pas une relation de conseil auprès d'une organisation coopérative ou intercoopérative comme on l'exerce auprès d'une entreprise privée. Cette première partie traite d'une des dimensions de cette différence qui conditionne le métier de conseiller en développement auprès de coopératives : la mission même de la formule coopérative.

Qu'elle opère dans un pays du Nord ou dans un pays du Sud, la formule coopérative se veut avant tout la formule par excellence du développement durable. Cela avait déjà été souligné en 1967 par le BIT (Bureau international du travail) qui, dans sa fameuse résolution 127, lui conférait ce rôle dans le développement des pays du Sud.

Qui dit développement durable dit développement autocentré, autonomie du développement, autonomie des organisations de base du développement. C'est pourquoi un conseiller auprès d'une organisation coopérative doit fonder son intervention d'abord et avant tout sur l'autonomisation de l'organisation qu'il conseille.


1.1 «Faire faire» plutôt que «faire pour»

Le Journal d'intervention du conseiller

Un outil de travail

    Un tel journal correspond , pour un conseiller, à ce qu'est le Journal Général (grand livre) pour un comptable.

    Comme le comptable, le conseiller y inscrit toutes les informations pertinentes à son travail (qualitatives et quantitatives) qu'il a recueillies durant sa journée de travail.

    Comme pour le comptable, ce journal est un outil de travail, la source de référence dans lequel le conseiller puisera les données nécessaires pour la rédaction des différents rapports qu'il aura à produire dans le cadre de son mandat.

Le contenu du journal d'intervention

    Le journal d'intervention ne se présente pas comme un journal littéraire (au jour le jour) mais comme un cahier de référence contenant une série de pages thématiques correspondant aux différents outils de gestion utilisés dans le cadre du mandat.

    Chacun construit la structure de son journal selon les particularités de son mandat.

    Le conseiller transcrit dans les sections pertinentes, les informations recueillies dans une journée, en les datant.

L'exemple qui suit est présenté à titre indicatif.

    I. Diagnostic organisationnel
    (des deux structures, d'association et d'entreprise, de l'organisation intercoopérative et des coopératives concernées)

    II. Autres diagnostics prévus dans le mandat
    (ou enquêtes thématiques sur telle ou telle dimension : gestion de la production, analyse de marchés et plan marketing, etc.)

    III. Cadre logique (observations, ajouts, éléments d'information et d'analyse pertinents, éléments d'évaluation);

    IV. Fiches thématiques
    (informations générales ad hoc sur des sujets spécifiques, permettant la préparation de fiches synthèses)

    V. Divers (autres éléments d'informations et d'observations, par exemple sur les contrats, le processus d'évaluation, les protocoles d'entente, etc.)

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1.2 Rôles et fonctions d'un conseiller

«Le conseiller doit éviter (…) la dépendance à long terme du client ce qui est généralement néfaste à une saine relation. Tout sentiment de dépendance chez un client risque de rendre celui-ci insécure parce qu'il est à la merci d'une autre personne qui contrôle indirectement son avenir. Le conseil cherche à favoriser de plus en plus l'autonomie du client et non pas à étouffer son développement personnel.. Il est un guide qui accompagne le client dans cette démarche continuelle de perfectionnement.»

Yvan Bordeleau, La fonction de conseil auprès des organisations, p.35



1.3 Les expertises techniques d'un conseiller

Un conseiller sur le terrain, surtout dans le cas d'un chef de mission, doit se montrer polyvalent, car il n'a pas toujours accès à toute la gamme d'expertises nécessaires dans l'accomplissement de sa mission.

Certes, on ne peut pas être expert en tout. Cependant, sans qu'il soit absolument nécessaire d'être parmi les meilleurs dans tel ou tel domaine d'expertise, un conseiller de terrain doit maîtriser la base d'un certain nombre de champs d'expertises.

Certaines sont directement conditionnées par la nature du projet. Par exemple, l'agronomie ou de manière plus pointue la gestion d'un troupeau dans un projet concernant un réseau de coopératives agricoles laitières. L'originalité des interventions faites par SOCODEVI tient à ce que ce type d'expertise est généralement fournie par des spécialistes provenant des organisations coopératives membres.

Il reste que le conseiller terrain, quelque soit la nature du projet et de sa mission, doit posséder un bagage d'expertises techniques de base pour la mener à bien. Il s'agit des méthodes et techniques de:

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