Devenez une dirigeante
de coopératives

142 pages

Produit par ORION, coopérative de recherche et de conseil
pour le
Conseil Canadien de la Coopération

© Conseil Canadien de la Coopération, 1994

Extraits

Sommaire

Introduction

PREMIÈRE PARTIE:
DÉCOUVRIR LES COOPÉRATIVES

I Module 1: Le mouvement coopératif francophone canadien

1.1 Les effectifs francophones au Canada
1.2 L'intercoopération au Canada français

Module 2: La différence coopérative
2.1 Les valeurs et les règles d'action coopérative
2.2 La coopérative: une entreprise contrôlée par une association démocratique

Module 3: La vie démocratique dans une coopérative
3.1 Les principales instances d'une coopérative
3.2 Le fonctionnement d'un conseil d'administration
3.3 L'accès à un conseil d'administration

DEUXIÈME PARTIE:
DEVENIR UNE DIRIGEANTE

Module 4: Vouloir faire et savoir-faire
4.1 Les motivations pour être dirigeante
4.2 Quels obstacles doit-on surmonter?
4.3 Comment se faire élire sur un conseil d'administration

Module 5: Agir comme multiplicatrice

5.1 Faire connaître l'apport des femmes
5.2 Aller chercher d'autres femmes
5.3 Développer des réseaux de solidarité
5.4 Sensibiliser les dirigeants actuels

Module 6: Soutenir les femmes

6.1 Informer les femmes sur l'apport et l'expérience des dirigeantes de coopératives
6.2 Dépister des candidates
6.3 Former les femmes

Conclusion

ANNEXES
1. Les principes coopératifs de l'Alliance Coopérative Internationale
2. Le Conseil Canadien de la Coopération et ses membres
3. Quelques portraits de dirigeantes
4. Les organisations de femmes

«Les coopératives dans lesquelles les aptitudes et capacités des femmes ont toute latitude pour se réaliser complètement en récolteront tous les fruits dans les années à venir.»
(A.F. Laidlaw, Les coopératives en l'an 2000, A.C.I., 1980, p. 67)


Introduction

Un guide résultant d'une recherche-action menée avec des dirigeantes

Le guide «Devenez une dirigeante de coopérative» est le résultat d'un processus de recherche-action engagé à l'automne 1992 par le Conseil Canadien de la Coopération sur «L'accession des femmes à des postes de pouvoir au sein des mouvements coopératifs francophones». Il s'agissait d'évaluer les voies et moyens concrets pouvant favoriser une meilleure représentation des femmes à des postes de pouvoir au sein des coopératives et des regroupements de coopératives.

L'objectif était de construire des guides permettant aux coopératrices et aux coopératives de définir les moyens susceptibles de faciliter efficacement l'accès des femmes aux conseils d'administration des différentes organisations coopératives afin:

    d'une part, d'éliminer les obstacles éventuels relevant de l'organisation et des pratiques coopératives actuelles;
    d'autre part, de limiter les effets des obstacles socio-culturels à la participation des femmes au processus et au pouvoir démocratique.

Une recherche-action en trois phases

Le processus de cette recherche-action avait été structuré en trois phases.

    La première phase s'ordonnait autour d'une enquête sur le terrain réalisée à partir d'entrevues auprès de femmes dirigeantes de co-pératives et de regroupements de coopératives francophones au Canada.

    Cela a permis d'identifier les trajectoires personnelles et professionnelles de dirigeantes, d'analyser les déterminants socio-culturels de la participation des femmes au processus démocratique dans nos coopératives et les déterminants relevant des modes d'organisation et de fonc-tionnement propres aux coopératives.

    Trente-cinq dirigeantes, actives dans sept provinces et dans les différents secteurs coopératifs, ont été interrogées sur leur expérien-e personnelle et sur leur perception de la problématique des femmes en milieu coopératif francophone.

    La deuxième phase fut centrée sur la tenue d'un séminaire ayant pour thème:«Femmes et pouvoir dans les coopératives». Il s'est tenu en avril 1993 et a regroupé dix-neuf participantes dont la majorité avait collaboré à la première phase de la recherche.

    Les objectifs de ce séminaire étaient d'identifier les principaux déterminants de l'accession des femmes aux postes de pouvoir et de dégager des moyens d'action visant à faciliter l'accès des femmes à ces postes de pouvoir, moyens pouvant être mis en oeuvre tant par des femmes que par des organisations coopératives.

    La troisième et dernière phase comprenait la production de deux guides de référence: l'un pour les femmes, identifiant des stratégies d'accès au pouvoir dans les différents milieux coopératifs, et l'autre pour les coopératives, proposant des modalités d'adaptation des pratiques coopératives aux conditions des femmes.

Un guide pour les coopératrices

Ce présent guide, Devenez une dirigeante de coopérative, s'adresse donc particulièrement aux femmes. Il a été construit à partir des données recueillies au cours des deux premières phases de la recherche-action.

Il se veut à la fois un outil d'information et de formation à la réalité coopérative canadienne et à la problématique de l'accession des femmes à des postes de pouvoir au sein de nos coopératives et organisations intercoopératives:

    outil d'information parce que nous y avons intégré un ensemble de renseignements pratiques sur les organisations coopératives et intercoopératives francophones au Canada;
    outil de formation aussi parce qu'il a été élaboré pour favoriser l'acquisition de connaissances, d'habiletés et d'attitudes susceptibles de faciliter une participation plus active des coopératrices à la vie démocratique de nos coopératives et de les aider à accéder à des postes électifs au sein de ces organisations.

Ce guide a été conçu spécialement pour:

    des coopératrices intéressées à tenter l'expérience de l'administration d'une coopérative ou qui pourraient le devenir;

    des dirigeantes de coopératives ou de regroupements de coopératives souhaitant favoriser une meilleure présence de femmes sur des conseils d'administration;

    ou encore des organisations de femmes souhaitant encourager leurs membres à participer plus activement à une organisation socio-économique de leur communauté.

Il est structuré en deux parties, comprenant chacune trois modules:

    la première partie, Découvrir les coopératives, introduit à la réalité coopérative francophone canadienne et à la spécificité des coopératives;

    la deuxième partie, Devenir une dirigeante, illustre les différents moyens dont peuvent disposer les femmes pour accéder à un poste élu dans une coopérative mais aussi pour faciliter l'accès d'autres femmes à ces postes.

Retour au haut de la page


L'accès à un conseil d'administration

Pour être éligible à un poste de dirigeante de coopérative, il faut être membre en règle, c'est-à-dire, détenir le nombre de parts sociales requis. Ce nombre peut varier selon le type de coopérative, voire d'une coopérative à l'autre dans un même secteur.

Il peut arriver que, dans certaines provinces, une coopérative puisse se constituer sans parts sociales; vérifiez ce qu'il en est dans la Loi qui régit les coopératives de votre province ou consultez votre regroupement de coopératives ou encore votre conseil provincial de la coopération.

Il faudrait aussi vérifier à quel nom est la part sociale car c'est la personne qui est inscrite sur la part sociale qui a droit de vote et peut être élue. Ceci s'applique plus spécialement dans le cas où, par exemple, il n'y a qu'une part sociale par ménage (coopérative de consommation), qu'une par appartement (coopérative d'habitation) ou encore qu'une par ferme (coopérative agricole).

Les dirigeantes et les dirigeants sont élus par l'assemblée générale annuelle des membres.

Le mode de mise en nomination des candidates et des candidats varie selon le secteur coopératif et même d'une coopérative à l'autre. Il peut être suffisant dans certains cas de se présenter directement à l'assemblée générale alors que dans d'autres, il faudra avoir rempli et déposé au préalable un bulletin de candidature comportant l'appui de plusieurs membres de la coopérative.

Une fois la mise en nomination complétée, vous pouvez être élue par acclamation s'il n'y a pas plus de candidatures que de pos-tes libres. Dans d'autres cas, il y aura élection et vous aurez à faire une brève intervention ou un discours pour vous présenter devant l'assemblée.

Il est toujours fortement conseillé de s'informer auprès d'autres mem-bres, de dirigeantes ou de dirigeants ou de la direction géné-rale de la coopérative pour connaître les procédures d'élection.

Il peut aussi arriver que des postes deviennent vacants entre deux assemblées générales annuelles. Dans ces cas, le conseil d'administration a le pouvoir de désigner les personnes qui, sur une base intérimaire, combleront ces postes jusqu'à la prochaine assemblée générale annuelle. C'est ce qu'on appelle la cooptation.

Fréquemment, c'est suite à une telle sollicitation de la part d'une dirigeante ou d'un dirigeant ou de la di-rection générale que des sociétaires sont ainsi invitées à siéger pour la première fois au conseil d'administration de leur coopérative.

Retour au haut de la page


Comment se faire élire sur un conseil d'administration

(...) Il ne s'agit pas de présenter des «trucs» ou des remèdes infaillibles, mais d'un ensemble de conseils sur les stratégies et trajectoires personnelles qu'une coopératrice peut adopter pour y arriver.

Chaque coopératrice aura, en fonction de ses forces et de ses faiblesses, à adapter les alternatives et conseils qui lui semblent les plus appro-priés compte tenu des particularités de sa coopérative et de son milieu.

Manifester son intérêt

    Beaucoup de coopératrices ont encore l'impression qu'il faut attendre d'être sollicitées pour accéder à un poste sur un conseil d'administration de coopérative. Cette attitude peut venir, soit d'une méconnaissance des modes d'élec-tion dans les coopératives, soit de la percep-tion que la nomination sur ces conseils se fait au mérite (sous-entendu: si elle n'est pas sollicitée, c'est qu'elle ne «fait pas l'affaire»).

    (...)

    Il ne faut donc pas attendre qu'on vienne vous chercher. Il faut vous faire connaître et manifester votre intérêt pour partager l'administration de votre coopérative avec l'équipe en place.

    Il est fréquent que des postes deviennent vacants entre deux assemblées générales annuelles. Tenez-vous au courant de la vie du conseil et manifestez votre intérêt pour y participer éventuellement si un poste devenait libre.

    En remplaçant quelqu'un pour quelques mois, vous aurez ainsi l'occasion de vous familiariser avec les responsabilités du conseil et il vous sera beaucoup plus facile de vous présenter et d'être élue à l'occasion de l'assemblée générale qui suivra.

    Si nombre de dirigeantes actuelles ont d'abord été approchées ou sollicitées par un directeur général, un administrateur ou, plus rarement, par une directrice générale ou une administratrice, nombre également souhaitaient s'impliquer et:

      soit avaient signifié au préalable leur intérêt à une ou plusieurs personnes assumant une responsabilité dans les instances de la coopérative;
      soit s'étaient présentées directement à l'assem-blée lorsque le règlement le permet;
      soit avaient déposé leur candidature par écrit au préala-ble avec l'appui de plusieurs membres selon les dispositions du règlement de régie interne.

    Exprimez votre intérêt pour siéger au conseil d'administration à d'autres membres, à des dirigeantes ou des dirigeants de la coo-pérative. Dans certains cas, il y a beaucoup de personnes aspiran-tes mais bien souvent, l'organisation peut avoir de la difficulté à recruter des personnes dirigeantes, parce qu'elles ne se sont pas manifestées.

Oser parler en public

    Il est difficile de connaître une personne et de l'apprécier si nous ne l'avons jamais entendu parler. Pour être élue, il faut que vous soyez écoutée.

    Mais si vous ne l'avez encore jamais fait, n'essayez pas de parler pour la première fois publiquement dans un micro devant 200 personnes sans préparation. Le «trac»- risquera de vous faire bafouiller, voire «déparler», et l'expérience sera assez traumatisante qu'il est probable que vous ne la tentiez jamais plus et que l'estime de soi que vous aviez cultivée jusque-là s'estompe rapidement.

    Entraînez-vous. Participez à des réunions en petits groupes. Il est plus facile d'intervenir dans un petit groupe d'amies que devant une assemblée générale de 100 ou 200 personnes. La prise de parole y est moins stressante et le petit groupe est toujours plus tolérant. Vous y apprendrez d'abord à poser des questions puis à donner votre avis et enfin vous vous étonnerez un jour d'être parvenue à argumenter et à convaincre le groupe de la justesse de votre analyse. C'est à partir de ce moment que vous pourrez vous sentir capable et confiante de votre capacité à prendre la parole en assemblée générale.

(...)

Agir au bon moment

    Il ne s'agit pas de brûler les étapes. Il est rare qu'une personne se présente en élection et se fasse élire à la première assemblée à laquelle elle participe. Il faut d'abord se faire connaître.

    À votre première assemblée générale, essayez de poser une ou deux questions pertinentes si vous êtes encore trop mal à l'aise pour exprimer votre opinion. Après plusieurs assemblées, les gens vont vous reconnaître et apprécier vos interventions.

    Les meilleures questions sont celles qui sont les plus utiles. Posez les questions de clarification que tout le monde se pose intérieurement. Si vous n'êtes pas sûre d'avoir bien saisi ce qui vient d'être dit, demandez qu'on le réexplique. Si vous n'avez pas compris d'autres personnes non plus et elles vous en seront reconnaissantes.

    Des coopératrices interrogées ont souligné avoir eu l'impression d'être parfois dérangeantes par leurs questions et leurs demandes d'information.

    Mais, il est normal et sain pour la coopérative de souhaiter que ses membres et ses dirigeantes et dirigeants connaissent bien les dossiers et qu'ils puissent évaluer l'impact des décisions à prendre. Il ne s'agit pas d'être là unique-ment pour approuver sans questions, pour entériner sans débats toutes les propositions soumises.

    Par ailleurs, il faut apprendre à se développer une attitude de critique «positive». Dans une coopérative, comme dans toute autre organisation démocratique, il faut savoir critiquer sur le fond une opinion ou une proposition et non critiquer la personne qui l'a émise.

    Préparez vos interventions publiques. Essayez de vous renseigner sur les principaux sujets abordés. Identifiez bien le sujet dont vous voulez traiter. Inscrivez tous les points que vous voulez soulever et mettez-les en ordre. Essayez d'être claire et concise. Pratiquez-vous avant si nécessaire et en présence de personnes à qui vous faites confiance.

Oser accepter des responsabilités

    Les femmes hésitent souvent à prendre des postes de responsabilités et notamment la présidence d'un comité. Il est plus facile d'être simple dirigeante, d'accepter par exemple la trésorerie ou le sécrétariat que d'accepter le poste de pré-sidente qui nécessite une plus grande présence publique.

    Mais il faut se rappeler que la plupart des personnes qui accèdent à des postes de pouvoir sont celles qui ont déjà eu un engagement social préalable, qui ont accepté de prendre des responsabilités et ont déjà fait montre de leadership.

    Accepter de participer à un comité ou à un groupe de travail et de le présider prépare à assumer d'autres fonctions comme la présidence de sa coopérative puis, pourquoi pas, de sa fédération de coopératives.

Développer des solidarités

    Il est relativement rare qu'une personne peu connue, seule dans un groupe, réussisse à se faire élire sur un conseil d'administration. Nous venons de souligner qu'il est important de vous faire connaître et d'exprimer vos intentions. Il s'a-vère tout aussi important de vous chercher des personnes alliées.

    Cela peut signifier développer des relations avec des gens que vous connaissez ou avec des personnes qui ont les mêmes préoccupations ou encore les mêmes opinions que vous.

    Une élection à un conseil d'administration, ça se prépare. Il peut ne pas y avoir d'opposition mais il peut y en avoir. Il est parfois nécessaire de vérifier avant qui va assister à l'assemblée, de convaincre les personnes qui ne voulaient pas venir de l'importance de leur présence, de vous présenter à des membres que vous ne connaissez pas. Demandez à d'autres personnes comment elles s'y sont prises. Vous pourrez alors préparer votre propre élection en vous fondant sur leurs expériences.

    Pour être élue, il faut se faire des alliées et des alliés et être connue. Pour être connue, il faut être socialement présente dans la communauté. Une fois encore, un bon moyen de développer des solidarités est de s'insérer dans les réseaux formels ou informels qui entourent la coopérative. Cela vous permettra d'agrandir votre cercle de connaissances mais aussi de recueillir des informations sur l'organisation, ses habitudes, ses modes de fonctionnement. Certains types de réseaux sont sources de formation grâce aux échanges d'expertise. Vous pourrez y trouver des conseils auprès d'autres personnes qui auront peut-être vécu ce que vous souhaitez vivre.

    Peut-être direz-vous que vous n'avez pas le temps. Il s'agit de choisir l'organisation, l'association, ou l'activité sociale qui convient à vos intérêts, vos désirs ou besoins et à votre disponibilité.

Bon de commande

Note : L'achat de produits via Internet en communiquant un numéro de carte de crédit ne nous apparaît pas encore assez fiable.
Seulement 20% environ des internautes effectuent ce type de commande.
C'est pourquoi nous ne vous proposons pour le moment que la façon de commander la plus traditionnelle qui soit, mais encore la plus sûre : par la poste.

Vous pouvez imprimer un bon de commande à cette page.

Retour au haut de la page

Retour
à la salle d'accueil
Guides pratiques
ORION
Service
de conseil
Service
de formation
Service
de recherche
Nouveautés ORION-INFO À propos d'ORION Liens Internet
Gestion d'une coopérative Création d'entreprises
et développement local
Développement international Courriel