| Gérer le développement d'une coopérative |
Rédacteur : Alain Bridault
Mars 1998
Extraits
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Ce guide pratique "Gérer le développement d'une coopérative" s'avérera sûrement très utile pour vous.
Le rédacteur Alain Bridault, appuyé par l'équipe chevronnée d'Orion, coopérative de recherche et de conseil, a su relever le défi d'agencer de façon ordonnée et facile à transposer dans le vécu des coopératrices et coopérateurs non seulement les caractéristiques propres de gestion d'une coopérative mais également l'approche de planification du développement d'une coopérative.
Ce guide vous permet également de bien comprendre toutes les étapes de planification du développement à franchir et d'identifier quelles ressources doivent être consenties. On vous suggère même là où certaines ressources externes pourraient être utiles en plus de préciser certains aspects du processus qui doivent être réalisés par les ressources de la coopérative pour mieux assurer l'adhésion de ces dernières aux résultats de certaines démarches.
Après avoir collaboré avec diverses coopératives au cours des ans, je peux témoigner de l'importance primordiale que celles-ci doivent accorder à l'organisation et au suivi d'un processus de planification stratégique, de se donner un plan de développement, de bien planifier les opérations et d'avoir un plan de marketing bien ciblé.
Je félicite l'équipe d'Orion d'avoir entrepris la production de ces guides pratiques dans la collection "Gestion d'une coopérative" et vous invite, si ce n'est déjà fait, à consulter le premier guide "Gérer la vie démocratique d'une coopérative".
Ces guides témoignent de l'observation et de la prise en compte de la différence coopérative. Ils seront des outils auxquels vous pourrez vous référer en toute confiance et dans le respect de celles et ceux qui veulent entreprendre et réussir autrement.
1. Comprendre la logique de gestion d'une coopérative
1.1 Gérer autrement
B) Le respect des principes réglant la liberté et l'égalité des membres de la coopérative C) Le respect des principes réglant l'équité et la solidarité entre les membres d'une coopérative
1.2 Maximiser l'avantage coopératif des membres
B) Déterminer l'avantage coopératif des membres C) Des objectifs de gestion différents selon les types de coopératives
1.3 Gérer les finances d'une coopérative
B) Les fondements de l'analyse financière d'une coopérative C) Structure et analyse des états financiers d'une coopérative
2. Planifier le développement d'une coopérative
2.1 Construire un plan de développement
B) Étape 1 : préparer et organiser le processus C) Étape 2 : élaborer le diagnostic D) Étape 3 : tenir une session d'analyse stratégique E) Étape 4 : élaborer les alternatives stratégiques F) Étape 5 : tenir une session de planification stratégique G) Étape 6 : rédiger le plan stratégique de la coopérative H) Les quatre dernières étapes : adopter le plan stratégique (CA puis AG), planifier les opérations, contrôler les résultats
2.2 Planifier les opérations d'une coopérative
B) Les trois étapes de la construction d'un plan opérationnel
2.3 Construire un plan marketing
B) Analyser le marché C) Élaborer un plan marketing D) Le marketing dans une coopérative d'alimentation
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Qu'ils opèrent dans de grandes ou dans de petites coopératives, les dirigeants élus et les gestionnaires de ces coopératives n'ont malheureusement pas toujours les moyens de faire autrement que de s'inspirer des techniques et des méthodes de gestion inventées pour les besoins des entreprises privées.
Car, en dehors de documents pédagogiques produits par quelques universitaires ou pour les besoins internes d'une fédération de coopératives, il existe très peu de livres ou documents traitant spécifiquement des particularités de la gestion d'une entreprise coopérative.
Notre ambition, en produisant la série de guides pratiques de la collection "Gestion d'une coopérative", est de fournir aux dirigeants et gestionnaires de coopératives un premier ensemble d'outils de référence en gestion de coopératives conçus à partir de la prise en compte systématique de la différence coopérative et non pas comme un miroir des modèles et pratiques de gestion dominants.
Le premier guide, "Gérer la vie démocratique d'une coopérative", traitait des particularités de la gestion de l'association coopérative manifestant la première dimension de cette différence coopérative : son caractère démocratique.
Ce deuxième guide initie aux particularités de la gestion de l'entreprise coopérative concernant l'offre et le développement des services aux membres, qui manifeste la deuxième dimension de la différence coopérative : la propriété des membres-usagers.
Le troisième guide, "Valoriser le potentiel humain d'une coopérative", traitera également des particularités de la gestion de l'entreprise mais en ce qui concerne la gestion des ressources humaines employées qui devrait manifester la troisième dimension de la différence coopérative : la primauté de la personne.
"Gérer le développement d'une coopérative" est composée de deux parties.
La première partie, Comprendre la logique de gestion d'une coopérative, illustre d'abord ce que signifie gérer en fonction de la différence coopérative, analyse ensuite les enjeux de la raison d'être d'une coopérative (l'avantage coopératif des membres), et décrit enfin les particularités de sa gestion financière.
La deuxième partie, Planifier le développement d'une coopérative, est centrée sur la présentation d'outils, de méthodes et de pratiques de gestion permettant de construire un plan de développement, de planifier les opérations d'une coopérative et de construire un plan marketing.
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L'avantage perçu par le membre ne se traduit donc plus uniquement par le prix, via la pratique de la distribution des surplus au prorata de l'usage, mais aussi par des avantages non monétaires individuels (qualité, accessibilité et multiplicité des services, etc.) ou collectifs (ristourne sociale).
C'est pourquoi il est devenu courant de qualifier cet avantage du membre par la dénomination "avantage coopératif".
L'objectif fondamental de la gestion d'une coopérative est de maximiser l'avantage coopératif que les membres-usagers retirent via leurs transactions commerciales avec la coopérative.
L'avantage coopératif désigne un ensemble comprenant :
trois types d'avantages non monétaires, qualitatifs :
Cet avantage coopératif dont bénéficie le membre-propriétaire via ses transactions, correspond en quelque sorte au versement de dividendes dont bénéficie l'actionnaire-propriétaire d'une entreprise capitaliste.
L'objectif de maximisation de l'avantage coopératif du membre joue ainsi dans la dynamique coopérative ce que la recherche du profit joue dans l'entreprise capitaliste. C'est là sa raison d'être fondamentale.
L'arbitrage entre les besoins des membres et les besoins de la coopérative : l'ajustement du prix interne
Le prix interne de la coopérative est un prix artificiel, normalement déterminé à l'interne par les dirigeants de la coopérative.
Comme nous venons de le voir, ce prix n'est qu'une des composantes de l'avantage coopératif des membres. Cependant, la détermination de ce prix interne est une des fonctions de gestion les plus importantes et les plus caractéristiques de la formule coopérative. Elle est au cœur du processus de gestion d'une coopérative. Car ce prix détermine la gestion financière de la coopérative, notamment :
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lors de la détermination du volume de ristourne versé aux membres pour l'exercice financier qui vient de se terminer.
Mais cela risque de démobiliser une partie, voire l'ensemble, du sociétariat qui n'y trouve plus son compte ou trouve de meilleures alternatives sur le marché.
Maximiser l'avantage coopératif perçu par les membres :
Mais cela risque d'affaiblir la situation financière de la coopérative par la restriction de sa marge bénéficiaire et de limiter ses possibilités d'autofinancer son développement à même les surplus générés.
Arbitrer trop dans le sens des intérêts immédiats des membres peut avoir pour conséquence de mener l'entreprise vers le déclin voire la faillite (sous-capitalisation, inadéquation de la technologie, faiblesse du fonds de roulement).
En d'autres cas, cette relation d'usage ne pose pas de problèmes en soi. Les membres ont un fort sentiment d'appartenance avec la coopérative. Ils sont en mesure d'en apprécier les besoins d'investissement sur le moyen et le long terme, donc d'accepter un affaiblissement relatif de leur avantage coopératif à court terme pour faciliter l'autofinancement de l'entreprise.
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Le contenu d'un plan stratégique
Un plan stratégique comporte essentiellement :
une première partie qui intègre ou résume les résultats du rapport diagnostic effectué (analyse externe et diagnostic interne);
une deuxième partie qui présente et qualifie l'alternative stratégique retenue :
Il y a souvent confusion entre les deux expressions. Elle désigne pourtant des documents dont le contenu et les objectifs sont différents.
Nous l'avons dit, un plan stratégique est conçu pour un usage interne à la coopérative. Au contraire, un plan d'affaires est destiné à un usage externe. Il est conçu pour informer le mieux possible d'éventuels partenaires financiers de la coopérative (institutions financières surtout). C'est pourquoi il contient beaucoup plus d'informations qu'un plan stratégique.
Un plan d'affaires se construit pour des partenaires financiers en deux circonstances :
soit lorsqu'une coopérative décide d'ouvrir un champ nouveau d'activités correspondant à des orientations stratégiques nouvellement définies ou à un recentrage important de la mission de l'entreprise.
le mode d'organisation du travail et le mode de gestion;
les résultats d'une étude de marché et le plan marketing;
les caractéristiques du capital humain employé et du capital humain bénévole (les membres);
les équipements et le matériel nécessaire;
les états financiers prévisionnels de la coopérative (sur un horizon de 3 ou 5 ans);
les besoins de financement et le plan de financement.
Un plan d'affaires doit être rédigé dans un langage clair. Il est plus complet qu'un plan stratégique puisqu'il comprend toutes les données de la planification opérationnelle (budgets et échéanciers prévisionnels).
Un plan d'affaires doit être relativement court, tout au plus une trentaine de pages. (plus les annexes).
Les personnes qui auront à le consulter avant de prendre leur décision d'investir dans votre coopérative, de lui faire un prêt ou de lui octroyer une subvention n'ont souvent pas de temps à perdre. Il est nécessaire qu'elles puissent comprendre très vite votre projet et la nature exacte de ce que vous leur demandez.
Vous trouverez à la fin du guide (Annexe II), un modèle de plan d'affaires ainsi qu'un exemple de sommaire du plan d'affaires d'une coopérative de travail.
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Ce deuxième guide avait pour ambition de vous initier aux implications pratiques de la deuxième dimension de cette différence : une entreprise possédée par des membres-usagers.
Ces deux dimensions se combinent et fondent l'originalité du paradigme de gestion d'une coopérative.
La gestion d'une coopérative ne se résume pas à quelques particularités mineures qu'on peut souligner en quelques petits paragraphes en fin de chapitre comme cela se fait dans tous les manuels de gestion des entreprises privées. L'apprentissage de la gestion d'une coopérative ne peut pas être un sous-ensemble de l'apprentissage de la gestion d'une entreprise capitaliste.
Le "moteur" n'est pas le même : il est formé de la combinaison d'une association démocratique et d'une entreprise.
L'"énergie" n'est pas la même : il s'agit de la recherche de la maximisation de l'avantage coopératif des membres et non de la maximisation des profits.
Les "pilotes" ne sont pas les mêmes : il ne s'agit pas de détenteurs de capitaux mais de consommateurs ou de producteurs ou de travailleurs.
La coopérative est autre. Elle se gère autrement. La coopérative ne participe pas du monde de l'économie capitaliste. Elle l'affronte sur leur terrain commun : le marché.
Elle est le fleuron de l'économie sociale. Elle porte en elle les espoirs de tous ceux et celles qui travaillent à l'avènement d'une économie à visage humain.
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