Vivre la coopération

Le fonctionnement du conseil d'administration
III. Animer une réunion de conseil
A. Les techniques de mobilisation

Nous avons insisté dans la dernière chronique sur la nature du travail d'un conseil d'administration : prendre des décisions dans ses champs de compétences au mieux des intérêts des membres et de la coopérative. L'essentiel de la responsabilité d'un président ou d'une présidente de conseil est là : animer les débats du conseil pour que celui-ci prenne les décisions les plus pertinentes.

Pour y parvenir, la personne assumant la présidence du conseil d'administration (ou de tout autre comité d'ailleurs) doit être à la fois capable de mobiliser l'attention et l'intérêt des membres pour les décisions à prendre, de faciliter le déroulement des débats en créant un climat harmonieux et de coordonner ces débats pour en assurer l'efficacité.

Pour être en mesure d'assumer ces trois fonctions d'animation (mobilisation, facilitation et coordination) elle utilise un certain nombre de techniques d'animation éprouvées. Nous en résumons aujourd'hui les principales concernant la première fonction d'animation : la mobilisation. Vous remarquerez qu'elles sont simples et je suis certain que beaucoup d'entre vous qui avez dû déjà assumer la présidence d'un comité ou d'un conseil en ont déjà utilisé la plupart.

Les techniques de mobilisation

Il s'agit de mobiliser l'énergie des membres du conseil envers les décisions à prendre. Avoir la capacité de mobiliser, c'est ce qu'on appelle exercer un leadership. Il ne s'agit pas d'imposer ou de s'imposer, mais de convaincre et d'écouter afin d'amener les autres membres à formuler et à partager une même analyse sur un point à l'ordre du jour et de les aider à former un consensus (autant que possible) sur la décision à prendre relative à ce point. Il s'agit donc d'utiliser des techniques d'animation permettant de favoriser la participation et de rechercher le consensus.

Favoriser la participation
Un membre est élu par les sociétaires sur un conseil d'administration parce que ceux-ci estiment qu'il a les capacités de bien défendre leurs intérêts et les intérêts de la coopérative. Il y siège pour s'exprimer, pour mettre son intelligence et ses compétences au service de la coopérative. C'est pourquoi, un membre de conseil ne devrait jamais être silencieux. Non pas qu'il doive nécessairement intervenir systématiquement sur tous les points à l'ordre du jour, mais il doit penser, réfléchir, s'exprimer, proposer avec les autres. C'est la responsabilité du président de faire en sorte que tous ait l'occasion de le faire lors d'une réunion.

Il peut faire un appel direct à la participation, soit en proposant un tour de table sur un point important (chacun s'exprime tour à tour), soit, lorsqu'une personne est depuis trop longtemps silencieuse en lui proposant de s'exprimer sur un point, sans trop la brusquer. Utilisez ce qu'on appelle le non verbal. Un silencieux s'exprime beaucoup par le non verbal ! S'il hoche la tête, fait la moue, a l'air sceptique ou d'accord envers une idée, voilà une bonne occasion pour lui demander de l'exprimer concrètement.

Il peut le faire aussi en utilisant la technique de la question relais. Il arrive souvent qu'une personne pose une question au président (de clarification sur un point par exemple). Cela permet à celui-ci d'en profiter pour renvoyer la question en demandant son avis à celui ou celle qui ne s'est pas encore exprimé.

Rechercher le consensus
Le président ou la présidente doit faire en sorte que tous comprenne bien la même chose sur les enjeux et défis et la nature de la décision à prendre. S'il se rend compte que plusieurs personnes n'attribuent pas la même valeur, le même contenu aux mots utilisés, il le fera en utilisant la question test, c'est-à-dire en demandant à chacun de bien définir et préciser la définition, le sens des mots qu'ils utilisent.

Il peut aussi reformuler les idées, une opinion, un raisonnement qui vient d'être exprimé par un membre de manière différente pour vérifier si c'est bien ce qu'il a voulu dire.

Il peut enfin, après que tous se soient exprimés faire un résumé-synthèse des débats sur un point pour vérifier avec le conseil s'il y a consensus sur ce point et l'amener à prendre sa décision.

Dans la prochaine chronique, nous aborderons les techniques de facilitation.

Alain Bridault, président
ORION coopérative de recherche et de conseil